exposition de Audrey Martin et Muriel Joya | 2013

les montres s’arrêtent

Les montres s’arrêtent, un projet d’exposition de la Glacière, présenté chez illusion & macadam dans le cadre de la résidence d’Audrey Martin, sur une invitation du Living Room et soutenu par la Panacée. Cette exposition post fin du monde répond à la prédiction du journal, mode d’emploi réalisé en 2012 pendant la résidence, chronique de l’archive des mondes.
Audrey Martin et Muriel Joya proposent des productions inédites qui ont constamment évoluées pendant une année. Cette deuxième partie du projet aborde la disparition et l’apparition, la destruction et la reconstruction des images par l’accumulation des strates du temps ou par la manipulation visuelle. Le statut d’entre-deux des œuvres et de leur représentation rythme cette exposition, les pièces ainsi se répondent.
Ce qui aurait pu avoir lieu le 21 décembre 2012 est resté en suspend, nous devons alors réactiver notre imagination et en finir avec cette idée de fin du monde complètement erronée. Les montres s’arrêtent, nous assistons alors dans cette exposition à un archivage du temps et à une prédiction sans cesse repoussée.

Pièces présentées

Ruine M2K2
Ruine <span class="caps">M2K2</span>
2012, Audrey Martin, sculpture, ballon de 155 cm de diamètre gonflé à l’hélium recouvert de 1400 feuilles d’or blanc puis dégonflé.

Ruine M2K2, est présentée à la manière d’une archive. Il ne reste qu’une enveloppe vidée de son air. Sa forme révèle une possible chute, à l’image des ballons météo lancés à 30 000 mètres au-delà des nuages, pour ensuite retomber dégonflés sur terre.
Certaines sondes sont récupérées par des « chasseurs de sonde » qui les traquent grâce aux fréquences particulières qu’elles émettent. Ce passe-temps innocent prend des dimensions politiques dans certains pays. La paranoïa des régimes cadre cette action de peur que les chasseurs découvrent et décodent des conversations secrètes.
Porteur de lumière, l’or sculpte la forme transformée. Cette « peau » est maintenant irréversible. Les feuilles d’or, pourtant fragilisées par la surface en relief, adhère toujours à la pièce dégonflée dessinant un nouveau paysage.

Global Damages #1
Global Damages #1
Global Damages #1 {JPEG} 2013, Audrey Martin, série de cartes postales, 10,5 × 14,8 cm, impression numérique.

Cette série de cartes postales numérotées retranscrit des simulations de catastrophes naturelles liées à l’impact d’une météorite avec la Terre. Chaque personne peut modifier ses données scientifiques (poids, masse, vitesse) pour façonner sa propre fin du monde sur le site impact earth !.
Grâce au site créé par des scientifiques, l’homme peut mettre au point et assister à sa catastrophe en rentrant toutes les données scientifiques de la météorite. Il est l’instigateur de sa propre fin et peut la maîtriser devant son ordinateur.
Ce geste presque ironique nous donne un pouvoir virtuel inconditionnel, nous pouvons à présent commander l’univers à la manière de Dieu. La destruction de la terre devient un jeu, un acte banal.
Chacun peut choisir et décider de sa fin du monde. Derrière cette démonstration-simulation les scientifiques nous propose des résultats concrets, comme si ce genre de catastrophe rentrait dans l’ordre naturel des choses.

zéro point zéro
zéro point zéro
zéro point zéro
2013, Audrey Martin et Muriel Joya, installation, 45 × 53 cm, projection d’une image blanche sur 30 blocs de magnésie.

Troisième version et destruction de la pièce the longest day. L’image est épuisée et disparaît pour laisser la place à un écran lumineux. La « matière lumière » remet en question le statut de l’image et installe the longest day dans une temporalité hors norme. Se dégage de cette version zéro point zéro un certain héroïsme ; après s’être battue, métaphoriquement, pour exister à deux reprises, elle assume sa disparition. Cette œuvre est le point central de l’exposition. Les autres travaux sont mis en orbite et circulent autour d’elle comme si l’image absente, avait explosée pour créer d’autres mondes artistiques, en orbite autour de l’espace de lumière blanche. Cette pièce centrale construit l’exposition à la manière du phénomène du Big Bang d’où toute matière aurait été formée. Pour sa dernière présentation et pour la première fois le projet est projeté en intérieur.
À travers cette remise à zéro, the Longest day est maintenant complète et finie. Ce dernier moment est un Chaos à l’envers, une ruine lumineuse. Il s’agit ici d’affiner l’œuvre vers un point ultime où l’image n’est plus nécessaire.

N.E.W.S
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2013, Muriel Joya, installation, photographie noir et blanc caisson lumineux, piste sonore en boucle, dimensions 30 × 42 cm.

L’installation sonore et visuelle N.E.W.S, donne à entendre les unes, relatives à une année civile, de plusieurs quotidiens français. Les informations sont listées et les images qui pourraient leur être associées sont absentes. La photographie de la boussole, montée sur un caisson lumineux, crée un point de croisement de toutes ces informations, unifiant l’espace et le temps. Le dispositif nous propose un objet ambiguë à la frontière de la photographie et de la vidéo. La boussole est statique, car nous sommes en face d’une image fixe, mais elle cherche encore le Nord, ce qui nous laisse imaginer un possible mouvement de son aiguille.

Sédimentation
Sédimentation
2013, Muriel Joya, photographie couleur, tirage baryté, caisse américaine, dimensions 115 × 75 cm.

L’image de sédimentation, présente les unes de plusieurs journaux français parus durant toute l’année 2012 sous la forme d’une carotte sédimentaire. Ils sont pliés et empilés de manière à faire disparaître leur contenu visuel dans cette colonne sans fin. Cette fragmentation propose un archivage quotidien du temps.